Entre lumières et solitude : le droit d’être humain aux Fêtes

17 Décembre 2025

Par Caroline Tremblay, Psychologue, M.Ps
Avec la collaboration de Carole Saint-Maximin

Quand les lumières s’allument et que les traditions reprennent vie, le temps des Fêtes promet chaleur et magie pour plusieurs. Mais derrière cette féérie, des émotions plus fragiles peuvent surgir… La solitude se glisse alors, subtilement, dans les rires et la lumière, même au cœur des instants partagés avec nos proches.

Pour beaucoup de professionnels de la santé, c’est une période où les sollicitations augmentent: solitude, fatigue émotionnelle et symptômes de détresse se font plus présents. On pense spontanément aux personnes isolées, endeuillées, malades, mises à l’écart…

Et puis, il y a les autres.

Ceux dont la solitude ne vient pas du manque de présence, mais d’un écart intérieur: celui entre ce qu’ils aimeraient offrir… et ce qu’ils ont réellement l’énergie de donner. Et c’est là que nait trop souvent la solitude invisible.


La solitude invisible

Cette solitude-là ne fait pas de bruit. Elle ne dérange pas. Elle s’excuse même d’exister. C’est celle qui se cache derrière un sourire poli, se manifeste quand on écoute les rires autour de la table… mais dont l’écho résonne très loin en soi.

Elle n’est pas dramatique, mais elle pèse. Elle n’est pas évidente, et elle épuise.

Parfois, le corps aurait envie de rester tranquille, alors que les attentes sociales invitent à rire, festoyer, jouer, veiller. La réalité, pourtant, raconte autre chose:

  • une fatigue qui s’installe,
  • une vulnérabilité qui affleure,
  • des émotions en turbulence.

C’est ainsi que se dessine l’écart entre ce que l’on croit devoir être… et ce que l’on peut réellement porter, même entouré de ceux qu’on aime.


Solitude choisie, solitude qui fait mal: deux réalités très humaines

Il y a aussi la solitude choisie. Celle qui apaise, permet de souffler, de se déposer, de récupérer. Elle est précieuse.

Et il y a la solitude qui fait mal. Celle qui se vit au milieu d’un salon animé, qui s’installe malgré la présence des autres et laisse une impression de décalage que l’on peine à exprimer.

Les deux existent et font partie de l’expérience humaine. Aucune ne remet en question notre valeur, ni la légitimité de ce que l’on traverse. Il n’y a pas d’échec.


La pression de la magie… et celle d’être un parent parfait

Chaque année, on nous rappelle que tout devrait être parfait: maison, émotions, relations, souvenirs. Une pression subtile, mais puissante.

Et pour les parents, elle prend souvent une autre forme, celle des cadeaux. On voudrait offrir beaucoup. Surtout quand on voit les montagnes d’emballages chez les autres, ou quand les comparaisons se font ressentir.

À ce moment-là, un doute s’insinue:

  • Est-ce que j’en fais assez?
  • Est-ce que mes enfants seront déçus?
  • Est-ce que ça paraîtra « moins »?

Mais la vérité, c’est qu’il n’existe aucun barème officiel du bon parent des Fêtes. Offrir moins n’a jamais voulu dire aimer moins. Les enfants se souviennent rarement du nombre de cadeaux reçus, et retiennent surtout ce qui laisse une empreinte douce:

  • la chaleur d’une présence,
  • un regard qui les accueille,
  • un moment où on les écoute,
  • une sécurité intérieure,
  • une sincérité imparfaite mais vraie.

C’est tout ça, être assez. Et c’est beaucoup.


La solitude: une expérience universelle

Qu’elle soit choisie, tolérée ou douloureuse, la solitude fait partie de l’expérience humaine. Elle vient, repart, change de forme. Personne n’y échappe. Ni les « forts », ni les joyeux, ni les entourés.

Ce qui fait la différence, ce n’est pas qu’elle existe…mais la manière dont on l’accueille.

  • Est-ce que je la subis?
  • Est-ce que je la cache?
  • Est-ce que je la transforme en espace pour respirer?
  • Est-ce que je lui parle comme on parle à une émotion qui a quelque chose à dire?


Pour cette nouvelle année: honorer ce qui est vrai

  • Peut-être que cette année ne ressemblera pas à ce qu’elle « devrait » être.
  • Peut-être que vous aurez moins d’énergie, ou moins de moyens.
  • Peut-être que vous aurez besoin de vous retirer à un moment donné.
  • Peut-être que vous ne serez pas exactement dans « l’esprit des Fêtes ».

Alors, que vous soyez entouré, en retrait, énergique ou épuisé, que votre soirée soit lumineuse ou tranquille, je vous souhaite simplement de pouvoir vous déposer dans ce qui est vrai pour vous.

Parce qu’il n’y a rien de plus beau, finalement, que de se permettre d’être imparfait…et profondément vrai.

Avec douceur. Avec bienveillance. Et sans vous excuser d’être humain.


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