hangement d’heure : une femme tient une tasse de café près d’une fenêtre

Changement d’heure : la bonne nouvelle pour votre sommeil

27 octobre 2026

Par Carole Saint-Maximin

Il y a quelque chose de précieux dans les soirées d’été. Rentrer du travail et trouver encore du soleil, souper dehors, étirer une marche jusqu’à la brunante. Quand arrive novembre, on a l’impression qu’on nous en prive d’un coup.

Le retour à l’heure normale a pourtant un bon côté, plus discret. Il ne nous enlève pas la lumière : il la déplace vers le matin, au moment où notre corps en a le plus besoin. Et c’est notre sommeil qui en profite. Si on regardait novembre autrement?

D’où vient l’heure avancée?

L’heure avancée a été instaurée pendant la Première Guerre mondiale pour économiser l’énergie : en décalant l’horloge d’une heure l’été, on prolongeait la clarté du soir. Plus d’un siècle plus tard, nous changeons encore l’heure deux fois par année.

Le 1er novembre, on recule d’une heure. Sur le cadran, le soleil se lève donc plus tôt : les matins s’éclaircissent et les fins de journée s’assombrissent.

Une précision change tout. Ce n’est pas le recul de l’heure qui raccourcit nos journées, c’est la saison. La clarté diminue jusqu’au solstice d’hiver, peu importe l’heure affichée. L’heure affichée décide seulement à quel moment nous profitons de cette lumière.

Une montre qui retarde un peu chaque jour

Imaginez votre horloge biologique comme une montre intérieure. Chez la plupart des gens, son cycle dure un peu plus de 24 heures. Sans repère extérieur, elle accumulerait donc quelques minutes de retard, jour après jour. Peu à peu, le sommeil arriverait plus tard le soir, et le réveil deviendrait plus pénible le matin.

Ce qui la remet à l’heure, c’est la lumière du matin. Captée peu après le réveil, elle envoie au cerveau un signal clair : la journée commence. La montre est ajustée et, le moment venu, le corps se prépare plus naturellement au repos.

Le soir, c’est l’inverse. Une lumière vive freine la production de mélatonine, l’hormone qui ouvre la porte au sommeil. La clarté des soirées d’été, si agréable soit-elle, repousse souvent l’heure du coucher sans qu’on s’en rende compte.

Voilà pourquoi les spécialistes du sommeil préfèrent l’heure normale. Elle est plus fidèle à l’heure du soleil, donc plus généreuse en lumière le matin. Au Saguenay, par exemple, le soleil atteint son point le plus haut vers 11 h 30 au début de novembre; à l’heure d’été, ce serait vers 12 h 30. La Société canadienne du sommeil recommande d’ailleurs de revenir à l’heure normale de façon permanente, parce qu’elle s’harmonise mieux avec notre horloge interne.

Autre bonne nouvelle : des deux passages de l’année, celui de l’automne est le plus doux. Puisque notre montre retarde naturellement, reculer l’heure va dans son sens. L’avance du printemps, elle, la bouscule à contre-courant.

Ailleurs au pays, plusieurs provinces et territoires ont cessé ou s’apprêtent à cesser de changer l’heure, et l’avenir de l’heure avancée au Québec reste à déterminer.

Trois gestes pour profiter de l’heure normale

Allez chercher la lumière dans la première heure de la journée. Quelques minutes suffisent : boire son café près d’une fenêtre, marcher jusqu’à l’arrêt d’autobus, promener le chien. Même par temps gris, la lumière extérieure est bien plus intense que celle de la maison. C’est le plus efficace des trois gestes, et le plus simple à adopter.

Gardez un horaire régulier. Vous coucher et vous lever à peu près à la même heure, la fin de semaine aussi, aide la montre à rester ajustée.

Accueillez la noirceur du soir. Elle n’est pas qu’une contrainte : elle annonce au corps que le repos approche. Tamisez les lumières après le souper et laissez les écrans de côté dans l’heure qui précède le coucher. Une lampe à l’éclairage chaud, un livre, une conversation tranquille : autant d’invitations à ralentir. Le sommeil viendra plus facilement à vous.

Quand la fatigue ne passe pas

Le corps s’ajuste en général rapidement. Un sommeil qui ne répare pas n’a toutefois rien d’une fatalité saisonnière. Si, après quelques semaines, vous ronflez, vous manquez d’énergie au réveil ou vous somnolez pendant la journée, la noirceur n’est peut-être pas seule en cause. Ces signes méritent qu’on s’y attarde, car ils peuvent avoir plusieurs explications, dont l’apnée du sommeil. Nos professionnels de la santé sommeil peuvent vous accompagner pour y voir plus clair.

Si c’est plutôt l’humeur qui s’assombrit avec les jours, vous n’avez pas à traverser cette période sans soutien. Notre accompagnement en psychologie, offert à notre milieu de soins d’Arvida, vous permet de cheminer à votre rythme.

Questions fréquentes

Gagne-t-on vraiment une heure de sommeil?

Sur le cadran, oui : la nuit du recul compte une heure de plus. Dans les faits, la Société canadienne du sommeil souligne que peu de données montrent qu’on dort davantage. Les jours suivants, il est même fréquent de se réveiller plus tôt qu’à l’habitude, le temps que le corps trouve son nouveau rythme.

Quand recule-t-on l’heure en 2026?

Dans la nuit du samedi 31 octobre au dimanche 1er novembre 2026. À 2 h, il sera de nouveau 1 h. Seule exception : une petite partie de l’extrême est du Québec, en Basse-Côte-Nord, reste à la même heure en toutes saisons.

Le Québec va-t-il abolir l’heure avancée?

Lors de la consultation menée par le gouvernement du Québec à l’automne 2024, plus de 214 000 réponses ont été recueillies : 91 % des répondants souhaitaient cesser de changer l’heure. Parmi eux, 72 % préféraient garder l’heure d’été toute l’année. Ailleurs au Canada, plusieurs gouvernements ont choisi de garder l’heure d’été toute l’année. Pour l’instant, aucune décision n’a été prise ici.

Comment aider les enfants à s’adapter?

Les enfants ressentent souvent le décalage plus fortement. Quelques jours avant le recul, retardez leur coucher d’environ 15 minutes à la fois. Le matin, ouvrez grand les rideaux et, si c’est possible, faites le trajet de l’école à pied. Une routine du soir calme et constante fera le reste.

Mieux dormir, toute l’année

Novembre peut devenir une saison d’apaisement plutôt que d’épuisement. Si, malgré ces gestes, vous dormez mal ou la fatigue s’installe, prenez rendez-vous avec nos professionnels de la santé sommeil. Nous serons à votre écoute, avec un seul objectif : vous aider à retrouver des nuits réparatrices.

Une première conversation avec nos professionnels de la santé sommeil, c’est déjà un pas vers des nuits qui reposent vraiment.