Traiter son apnée du sommeil

Bien que l’apnée du sommeil soit un sujet discuté depuis plus de cent ans, les recherches concernant ce syndrome ne sont que très récentes. Non ce n’est pas à la mode c’est seulement mieux connu, mieux dépisté mais surtout, mieux traité. Actuellement, il est fréquent de voir circuler une tonne de publicité, de nouveaux dispositifs même des produits naturels pour enrayer l’apnée du sommeil. Facile de s’y perdre. Justement, de quelle façon devons-nous traiter ce syndrome pour s’assurer de l’efficacité?

Sans surprise, le traitement de première ligne est toujours le fameux Cpap (PPC). Petit compresseur, ce dernier insufflera doucement une pression d’air à l’intérieur des voies respiratoires supérieures servant ainsi d’orthèse aux structures anatomiques (tissus mous, graisses, muscles relâchés). Cela rétablira une respiration normale et empêchera également les ronflements. Cette thérapie est initiée sous ordonnance médicale émise par un spécialiste. C’est un traitement mécanique, donc il nécessite une période d’adaptation et les bienfaits ressentis dépendent entre autres des efforts fournis. Rassurez-vous, les Cpap sont aujourd’hui beaucoup plus compacts, silencieux et plusieurs options au niveau du masque sont offertes.  Non seulement son efficacité a été démontrée mais il corrige aussi tous les niveaux d’apnée.  Chaque appareil est muni d’une carte SD et depuis quelques années, des modems intégrés permettent un suivi à distance facilitant ainsi l’encadrement auprès de nos patients. De plus, les effets secondaires du traitement par Cpap sont mineurs et ne sont que passagers. C’est pour toutes ces raisons que la PPC (pression positive continue) demeure la thérapie de choix en apnée du sommeil.

Mais que faire lorsque le patient a une intolérance à la pression positive continue ou que cette dernière se veut inefficace? Le choix de deuxième plan est celui de l’appareil buccal ou orthèse d’avancée mandibulaire (OAM). Ce dispositif sur mesure est moulé directement aux dents. Les gouttières ainsi formées maintiennent la mâchoire inférieure avancée et permettent le passage de l’air. Le dispositif doit être ajusté par un dentiste formé en sommeil et son efficacité doit être démontrée par un examen spécifique (PSG et PCRS). Pour utiliser cette alternative, l’individu doit avoir des dents saines avec un fonctionnement normal des articulations temporo-mandibulaires. Certains effets indésirables peuvent survenir tel que des douleurs et/ou dysfonctions articulaires et des déplacements dentaires. Les études démontrent une efficacité inférieure à la thérapie par PPC de l’ordre de 25 à 50% dépendamment de la sévérité de l’apnée. Cependant, l’orthèse est un traitement efficace pour le syndrome d’apnée léger ou pour les ronflements primaires asymptomatiques.

Enfin, se présente en dernier recours, la portion des interventions chirurgicales. Parmi celles-ci notons l’orthodontie. Cette méthode est surtout privilégiée chez les enfants et servira à agrandir l’espace maxillaire et mandibulaire. Les chirurgies en ORL se pratiquent également mais la personne doit être un bon candidat puisque l’apnée du sommeil est un syndrome complexe qui implique une stimulation neuro-musculaire des voies respiratoires supérieures. Ces interventions en ORL viendront résorber uniquement le problème d’obstruction mécanique. La chirurgie bariatrique peut être une option pour les patients obèses mais ne garantit en aucun cas la disparition de l’apnée du sommeil.

Bref, au final ce qu’il faut retenir, c’est que peu importe le traitement choisi, il doit être adapté aux besoins de chaque patient et surtout évalué et encadré par une équipe qualifiée et multidisciplinaire. N’hésitez pas à questionner votre inhalothérapeute.

 

 

Références :

  1. Guide du collège des Md. Mars 2014.
  2. Medscapes : Apnée du sommeil : les orthèses d’avancée mandibulaire gagnent du terrain. 11 décembre 2015
  3. Revue des maladies respiratoires : Traitement su SAHOS par l’OAM. Volume 27 numéro S3. Octobre 2010

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